Quelles études pour travailler dans la météo ?

Formule Mathématique

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Vous êtes intéressé ou même passionné par la météo à tel point que vous souhaitez travailler dans ce domaine ?

Cette question je me la suis également posée il y a une quinzaine d’années comme beaucoup de personnes passionnées. A l’époque, il n’y avait pas énormément de possibilités et le choix au niveau des cursus universitaires était assez restreint. Ce n’est plus complètement vrai aujourd’hui car il existe de nouvelles portes d’entrées qui permettent de faire son trou dans ce secteur.

Je vais passer en revue dans la suite de cet article les différentes options qui existent à ma connaissance. Vous verrez que même si le choix de votre cursus est important pour garantir vos chances, il est possible de s’en sortir autrement.

 

Travailler dans la météo, c’est quoi ?

Vouloir travailler dans le monde de la météo c’est bien mais encore faut-il savoir ce qu’on veut faire exactement. Vous voulez faire des prévisions, réaliser des observations, installer des instruments de mesure ou bien encore partir à la rencontre des éléments ? Ou peut-être êtes vous intéressé par le développement de modèles numériques de prévision, la gestion des risques météorologiques ou pourquoi pas la présentation des bulletins météo ? Tous ces métiers sont fortement ancrés dans la météorologie mais demandent pourtant des compétences bien différentes.

La chose la plus importante avant de vous lancer tête baissée dans les études est de vous poser une question tout simple :

 

Qu’est ce qui me plaît vraiment dans la météo ?

 

Cela peut sembler évident mais très peu réfléchissent sérieusement à la question. Il est important de choisir quelque chose qui nous motive, qui nous donne envie d’avancer et qui permette de nous épanouir. Je pense très honnêtement qu’il est essentiel de se poser un peu pour y réfléchir. D’autant plus que la météorologie un secteur très vaste et qu’il est possible d’avoir une perception biaisée de ses différents métiers.

Les plus jeunes (ceux qui n’ont pas encore passé leur bac 😉 ) ont un avantage car ils ont toutes les cartes entre leurs mains et peuvent décider en fonction de leurs envies et de leurs capacités. Attention par contre car l’insouciance à cet âge peut aveugler. Il m’arrive fréquemment de voir sur des forums de météorologie des adolescents avec plein d’entrain, souhaitant faire de la météo leur métier, mais sans vraiment comprendre ce qu’est le métier de météorologue à la base. Certains déchantent quand ils se rendent compte que le poste d’ingénieur prévisionniste est surtout un travail de bureau plutôt qu’un travail sur le terrain. Cela peut manquer d’action et de piquant pour certains…

 

Les différents cursus universitaires

La solution évidente qui vient à l’esprit quand on souhaite travailler dans la météo est de suivre un parcours universitaire. Cela implique donc d’obtenir un bac scientifique et de choisir ensuite un cursus universitaire adapté. Pour cela il y a deux façons de s’y prendre :

  • Intégrer l’École Nationale de Météorologie (ENM)
  • Opter pour l’université

 

L’ENM est implantée à Toulouse et forme l’ensemble du personnel travaillant à Météo France. L’école propose différentes formations qui débouchent sur des postes d’ingénieurs ou de techniciens. Le cursus ingénieur aborde le fonctionnement de l’atmosphère dans son ensemble mais également des sujets qui touchent au domaine de la mesure (au sol,  par satellites, gestion des infrastructures et des réseaux). Les ingénieurs sont également formés pour réaliser des prévisions météo expertisées pour les usagers du grand public ou du monde professionnel. Au niveau des techniciens, il existe deux filières qui orientent leur formation soit sur les métiers de la météorologie soit sur l’installation et l’instrumentation.

Si intégrer l’ENM semble être la bonne solution car formant concrètement aux métiers de la météo, sachez que les places valent chères. Que ce soit pour le cursus technicien ou ingénieur, il n’y a qu’une poignée de places disponibles chaque année (au mieux une quinzaine pour chaque filière). Si vous souhaitez néanmoins tenter votre chance, vous pouvez consulter le site de l’ENM qui détaille toutes les formations dispensées.

 

Ecole Nationale Météorologie

L’École Nationale de Météorologie (ENM) à Toulouse – Crédit photo : CGE News

 

L’université quant à elle fournit un autre point d’entrée pour travailler dans la météo. Le principal avantage de cette option est de s’affranchir des problèmes de places que l’on rencontre à l’ENM. Mais en contrepartie les sujets de météorologie à proprement parlé seront moins présents qu’à l’ENM. Il n’y a pas de Licence ou de Master estampillés « Météorologie » mais il est possible de trouver tout de même son compte. Voici quelques exemples qui pourront vous permettre d’évoluer de près ou de loin dans le domaine de la météo :

 

A noter que les deux derniers Master de cette liste sont habilités par l’ENM. Je n’ai volontairement pas indiqué les cursus en informatique car ceux-ci permettent implicitement de travailler dans beaucoup de domaines dont la météorologie qui y est étroitement liée. Mais c’est une solution à envisager sérieusement car l’informatique contribue grandement aux progrès réalisés en météorologie ce qui a tendance à rendre cette dernière encore plus dépendante vis-à-vis des systèmes informatiques. C’est le choix que j’ai fait il y a quelques années en me lançant dans des études en ingénierie informatique des systèmes d’information. Avec la météo, l’informatique est mon autre passion et me permet d’évoluer dans un secteur en pleine expansion tout en me laissant la possibilité de me reconvertir dans la météo si je le souhaite un jour.

Comme vous pouvez le constater les possibilités ne manquent pas. Mais avant de vous engager dans telle ou telle filière, il est important de prendre connaissance des débouchés à l’issue de chaque formation pour ainsi voir si le jeu en vaut la chandelle.

 

Etudiants

L’Université, une alternative intéressante à l’ENM – Crédit photo : Texas University

 

Les études ne font (heureusement) pas tout !

Si vous n’êtes pas fait pour les études, sachez que rien n’est perdu ! 😉

Dans un environnement où la météo joue un rôle prépondérant, certains acteurs ont de plus en plus de besoins vis-à-vis du temps qu’il fait. Je ne vous apprendrai rien en disant que beaucoup de secteurs d’activités sont « météo-dépendants ». Nous connaissons la « météo-sensibilité » qui traite du comportement du corps humain en fonction des conditions atmosphériques. Mais les entreprises sont elles aussi concernées par les aléas du temps. Des études ont établi que 25% du PIB de la France était dépendant du temps qu’il fait ce qui est un chiffre énorme quand on y pense. Tourisme, agro-alimentaire, BTP, distribution… la liste des secteurs impactés est longue !

Outre cette dépendance par rapport à la météo, il y a un autre facteur qui fait que le « business de la météo » a de beaux jours devant lui : l’incertitude. Alors que les progrès technologiques considérables de ces dernières années (pas seulement en météorologie) ont permis de réduire les incertitudes dans beaucoup de domaines, les populations se sont petit à petit adaptées à ce confort. Il existe une obsession qui incite à lever tous les doutes qui peuvent exister et la météo est bien entendu concernée.

Tout cela mène à penser que la demande en services météorologiques est importante par rapport à l’offre de « main-d’œuvre » fournie par les écoles d’ingénieurs ou les universités. C’est une occasion rêvée pour s’engouffrer dans la brèche sous réserve d’exploiter les bons créneaux. Les études nous forment à un métier mais celui-ci ne restera pas le plus souvent notre métier à vie. De plus en plus de personnes se réorientent après quelques années en ajustant leur plan de carrière ou bien décident de complètement de changer de secteur. Ce constat est de plus en plus fait et n’est pas uniquement la conséquence d’une envie de « changer de voie ».

L’innovation et le progrès sont permanents et redéfinissent la cartographie des secteurs d’activités. La météorologie n’y échappe pas (bien au contraire !) car elle est étroitement liée aux technologies de l’information. Si Météo France bénéficiait d’un certain monopole par le passé, cela n’est plus le cas aujourd’hui. L’essor d’Internet et de l’informatique en général a permis à des acteurs privés, de plus en plus nombreux, de prendre des parts de marchés. A tel point que Météo France s’est retrouvée à devoir diversifier ses offres de services pour ne pas se faire manger par la concurrence.

 

Agriculture Tracteur

L’agriculture est fortement dépendante des conditions météo

 

Si je vous parle de cela, c’est pour vous faire prendre conscience que le terrain de jeu est gigantesque. S’il y a 20 ans (ou même 10), vouloir travailler dans la météo obligeait de passer par des études dédiées à la météorologie (en dehors du cas particulier du journalisme), ce n’est plus le cas aujourd’hui. En forçant à peine le trait, je pense sincèrement que tout le monde peut réussir à faire son trou dans ce secteur s’il s’en donne les moyens. Alors oui il y aura toujours ceux qui demanderont une ribambelle de diplômes aux candidats pour qu’ils puissent prétendre intégrer leur structure, mais les mentalités évoluent peu à peu fort heureusement et laissent désormais plus de places aux compétences intrinsèques des postulants. Il n’y a plus besoin d’un diplôme d’ingénieur pour être prévisionniste et ce grâce aux groupes privés qui savent reconnaître le potentiel en chacun.

Travailler dans la météo, ce n’est pas obligatoirement adopter le régime de salarié. Ceux qui ne se voient pas avoir un patron au-dessus d’eux peuvent opter pour la voie de l’entrepreneuriat qui est à mon sens l’une des meilleures façons de percer dans le secteur. Pour cela il convient de disposer d’un état d’esprit en accord avec le statut d’entrepreneur, d’avoir des aptitudes de visionnaire, de motivation, d’adaptabilité et de partage. Ce sont des éléments importants qui font office de ciment et qui garantissent la réussite de ce type de projet. Tout démarre par une idée, un concept que l’on souhaite développer. Sans rentrer dans le détail de la création de produit ou de services (il existe des tas d’ouvrages à ce sujet), le principe est de se focaliser sur la création de valeur pour l’utilisateur final que ce soit en B2B ou B2C. C’est ce qui assurera la croissance et la pérennité de l’aventure entrepreneuriale.

 

Innovation

Le progrès en météo passe par l’innovation – Crédit photo : Missy Schmidt

 

A travers les différentes possibilités que je vous ai présentées, il vous faudra choisir celle qui vous correspond le mieux, celle qui vous motive et qui vous donne envie de réussir. Nous vivons à une époque où tout va très vite dans tous les secteurs et plus particulièrement dans celui des sciences et des nouvelles technologies. Ceux qui réussiront seront ceux qui auront cette faculté de « prédire » le futur et de s’adapter rapidement aux changements.

Je vous invite à réagir dans les commentaires pour donner votre point de vue ou pour compléter la liste des cursus que je n’ai pas mentionnés :)

 

Crédit photo « A La Une » : Eric Wüstenhagen (Flickr)

 

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6 commentaires

  • Dans la liste, vous pouvez rajouter la formation a l’UVSQ en Master que j’ai suivi l’an passé (M1 Sciences de l’Environnement aussi noté M1 SEN) ou on a vu la météorologie et la climatologie de façon assez complète, avec notamment les oscillations (ENSO, NAO), la circulation atmosphérique, la stabilité de l’air et la pollution atmosphérique et enfin l’océanographie, plus traitement des données de climatologie, mais aussi j’ai eu en examen comme exercice de réaliser un émagramme, et j’ai eu un exercice entièrement dédié sur la tempête de 1999 par exemple, avec d’autres exercices sur la stabilité de l’air, les équations de thermodynamique…

    Ceci dit, avec la fusion des université, le master a changé de nom, mais le contenu reste a peu près le même (M1 CLEAR Paris Saclay),

    Je suis maintenant en M2 CLEAR ICE (CLimat, Environnement, Applications Recherche – Interaction Climat Environnement) depuis 2 mois 😉

  • Merci Sylvain pour ce cursus que je ne connaissais pas, je vais l’ajouter de ce pas dans la liste des formations :)

    En regardant le détail du programme de plus près, je me rends compte que cette voie est très intéressante pour celui qui veut travailler dans la météorologie même s’il y a fort logiquement une grosse dominante climato. Il y a même un module d’initiation à l’entrepreneuriat :)

    Bon courage pour cette dernière année de Master 😉

  • Intéressant article, je n’ai jamais vraiment cherché à faire des études dans la météo et je découvre plein de possibilités. J’avais d’autres vocations à l’époque, et puis ça me paraissait bien trop élitiste. Comme toi je suis dans l’informatique depuis une dizaine d’années, j’ai suivi une autre vocation :)

    Il y a quelques années, je suis passé à la bibliothèque Météo France avenue Rapp à Paris et j’ai discuté un peu avec le bibliothécaire, très sympa, qui était un ancien prévisionniste. Ormis le fait qu’il m’aie conseillé quelques bouquins, il m’a donné de la doc sur l’ENM. Malheureusement, c’est un cursus impossible pour moi, je suis déjà trop vieux pour pouvoir passer le concours, et puis c’est un peu trop matheux à mon goût ! En tout cas je ne connaissais que cette voie, ce cursus « spécial Meteo France ».

    Heureusement pour les jeunes qu’il existe des cursus alternatifs, quand aux « vieux » comme moi et bien qui sait ce que réserve l’avenir ? Je bosse dans un secteur où la météo est prépondérante (agriculture). Malheureusement pas encore sur des projets orientés météo… mais j’attends mon heure 😉 En effet je suis convaincu qu’il existe des tonnes de choses à faire, en OAD notamment.

  • Oui accéder à l’ENM est vraiment réservé à une élite, notamment dans la filière ingénierie, surtout à cause du fait qu’il y ait peu de place. Certaines années, il me semble même que le concours soit fermé.
    Quand j’ai passé les concours il y a une petite dizaine d’années, il n’y avait pas toutes ces formations et c’est bien dommage. Heureusement, le tir a été rectifié depuis 😉

    Il est clair que météo et informatique sont étroitement liées. Pour toi qui travaille pour l’agriculture, la passerelle existe et il ne fait pas de doute que tu pourras un jour ou l’autre travailler sur un projet axé météo. Les besoins dans ces secteurs sont grandissants :)

    Je ne suis jamais allé à la bibliothèque MF, il faudrait que j’aille y faire un tour prochainement. Cela me permettra de compléter ma liste d’ouvrages pour mon défi de lire 52 livres de météo en 52 semaines.

  • Excellent article, très complet! Je n’ai plus qu’a me recycler!
    Sinon grâce à un de vos articles et le blog de Nicolas Gasnier j’ai pu mettre en place le modèle WRF et générer mes premières simulations. J’avoue que c’est passionnant!
    Bonne continuation!

  • Merci Loïc pour ce retour :)
    Bravo pour avoir réussi à mettre en place WRF car ce n’est pas chose simple. Dès que j’ai un peu de temps, je vais m’y mettre sérieusement afin de commencer à jouer avec la bête !

    Bon courage pour la suite des expérimentations 😉

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