Petit manuel de météo marine

Navigation voile

Partager :Share on Facebook72Share on Google+0Email this to someone

Cette chronique fait partie de mon défi de lire 52 livres de météorologie en 52 semaines

La météo pour les mordus de la mer

Nombreuses sont les activités nautiques : bateau, surf, planche à voile, kayak, pêche … La liste est longue ! La météo est un facteur essentiel en mer car celle-ci peut se montrer des plus dangereuses. Le temps peut changer très rapidement et prendre par surprise les plaisanciers étourdis.

La météo marine est un domaine complexe car l’on retrouve énormément de spécificités liées à chaque secteur dont il faut avoir connaissance avant de s’y aventurer. Ce livre propose une revue de tout ce qu’il faut savoir au niveau de la météo pour profiter en toute sécurité de l’activité nautique que l’on pratique.

 

Petit manuel de météo marine

Titre : Petit manuel de météo marine

Auteurs : Nathalie Hirsch, Joël Hoffman, Michel Hontarrède

Éditeur : Glénat (2011)

Pages : 191

Résumé du livre

La météo est partout dans notre quotidien ! Il ne se passe pas une journée durant laquelle nous ne nous intéressons pas au temps qu’il va faire. Le domaine maritime ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Les vecteurs d’informations de la météo marine sont nombreux et ne cessent d’être de plus en plus perfectionnés et précis. Les traditionnels affichages au port et les bulletins radios se sont vus peu à peu être épaulés par les technologies de l’informatique et d’internet. Si c’est un réel confort de disposer de tous ces outils, il est important néanmoins de ne pas négliger les fondamentaux de l’observation qui aident à former le « bon sens marin ». Ce guide a pour vocation de faire découvrir ou redécouvrir les principes essentiels de météorologie allant des interactions présentes dans l’atmosphère à grande échelle jusqu’aux effets des vents locaux. Cette revue d’effectif permet d’avoir à sa disposition toute la palette météo nécessaire pour la navigation en mer.

 

L’importance du vent

De tous les paramètres météorologiques existants, il y en a un qui est extrêmement important quand on parle de météorologie marine : c’est le vent ! Pour certaines activités comme la voile, le vent sert de moteur, de carburant pour faire avancer les embarcations. Sans lui, bon nombre resteraient encalminés au port ou pire, en pleine mer. Mais si le vent est un précieux allié, il peut être également le pire ennemi quand celui-ci se déchaîne. Les marins redoutent les coups de vent et les tempêtes à juste titre car elles peuvent en un rien de temps les mettre dans une situation très délicate.

Au fil des siècles, la météorologie marine a développé différents termes liés à la mesure du vent que l’on ne retrouve pas ou peu dans la météorologie « terrestre ». L’exemple le plus emblématique est sans aucun doute l’échelle de Beaufort, créée par un amiral britannique qui lui a donné son nom, et qui mesure la force du vent sur une échelle de 0 à 12. Cette échelle est empirique car elle traduit à l’origine l’effet du vent sur les voiliers. Elle a par la suite été complétée par ses effets sur la mer et sur terre.

 

Echelle de Beaufort

Échelle de Beaufort – Previmer.org

 

En mer, il convient de distinguer le vent « instantané » du vent « moyen ». On privilégie le vent « moyen » qui est une mesure de la vitesse du vent sur une durée de 10 minutes et qui est plus représentative du vent établi car celui-ci peut fluctuer rapidement d’un instant à l’autre. La vitesse du vent en mer est communément donnée en « nœuds » plutôt qu’en « km/h » comme c’est le cas sur terre.

Quand on fait état du vent en mer, on indique également sa direction à l’aide des points cardinaux. La direction correspond à l’endroit d’où vient le vent et non où il va. On utilise la rose des vents pour indiquer la direction depuis laquelle souffle le vent. Dans certaines régions, les vents provenant d’une direction particulière se sont vus attribuer des noms spécifiques. C’est notamment le cas en méditerranée où l’influence des vents et du relief conditionnent fortement les conditions de navigation. Les côtes atlantiques ont également leurs propres vents mais dans une moindre mesure.

 

Rose des vents en Méditerranée

Rose des vents en Méditerranée – Semi-rigides PACA

 

Les phénomènes météorologiques maritimes

La mer est le lieu où se produisent des phénomènes locaux spécifiques que l’on ne retrouve pas nécessairement sur terre. On peut citer les phénomènes suivants :

  • La brume et le brouillard
  • Les brises thermiques

 

On peut toutefois effectuer une analogie avec le milieu montagnard qui reproduit partiellement les conditions que l’on retrouve en mer avec d’une part la présence de plans d’eau (lacs ou étangs) conjuguée avec le relief qui occasionnent des flux d’air que l’on peut qualifier de brises thermiques.

La nuance entre brume et brouillard se situe au niveau de la visibilité effective. Entre 1 et 5 kilomètres de visibilité, on parle de brume tandis que pour une visibilité inférieure à 1 kilomètre on emploie le terme brouillard. En mer, on retrouve principalement 2 types de brouillard :

  • Le brouillard de rayonnement (ou radiatif)
  • Le brouillard d’advection

 

Le premier se forme sur terre la nuit lors d’un temps calme et clair. L’air se refroidissant plus rapidement que le sol, ce dernier dégage de la chaleur par rayonnement ce qui forme des gouttelettes de vapeur d’eau. La brise de terre vient ensuite répandre ce brouillard sur la mer mais toujours à proximité du rivage. Le brouillard d’advection quant à lui se forme quand une masse d’air humide et chaude vient rencontrer une surface plus froide. Pour que ce type de brouillard se produise en mer, il faut un vent chaud et humide (plutôt de secteur Sud) avec une mer froide comme c’est le cas en fin d’hiver. Ce type de brouillard est assez tenace même par vent fort et ne dissipe qu’avec la rotation des vents au passage d’un front froid.

Comme en montagne, on retrouve en mer les brises thermiques. On différencie la brise de mer qui souffle en journée de la brise de terre qui souffle la nuit. Le jour, la surface terrestre se réchauffe plus vite que la mer ce qui provoque une élévation de l’air en altitude avec la formation des fameux « cumulus de beau temps ». Un appel d’air se crée alors et l’air sur la mer, qui est plus froid, vient littéralement remplacer l’air chaud qui s’est élevé. Ce flux d’air forme la brise marine et se lève à la mi-journée et s’estompe au coucher du soleil. L’inverse se produit la nuit car la terre se refroidit plus rapidement que la mer. L’air terrestre, froid et dense, s’écoule vers la mer et forme ce qu’on appelle la brise de terre.

 

Brise de mer

Brise de mer – Passion chasse

 

La météorologie tropicale

Naviguer dans les eaux tropicales en fait rêver plus d’un mais il est tout de même nécessaire de prendre quelques précautions car, selon la période de l’année, les eaux tropicales ne sont pas toujours des plus clémentes. On peut citer en premier lieu les épisodes de mousson humide qui se déroulent principalement dans l’océan Indien et dans le Pacifique Est lorsque la zone de convergence intertropicale (ZCIT) remonte plein Nord en été. L’air chaud chargé en humidité déferle en continu sur les côtes apportant énormément de précipitations. L’inverse se produit durant les mois d’hiver durant lesquels les vents soufflent de la terre vers la mer créant parfois des conditions d’extrême sécheresse dans le Nord de l’Inde par exemple. On parle alors de mousson sèche.

Les autres phénomènes notables sévissant à ces latitudes sont les perturbations tropicales. Les plus puissantes d’entre elles se voient attribuer le terme de tempêtes tropicales ou, à l’échelon ultime, les termes de cyclones, d’ouragans ou de typhons selon la région. Ces phénomènes météorologiques sont les plus puissants que l’on connaisse à grande échelle. S’ils concernent les marins du grand large, c’est parce qu’ils se forment en pleine mer. Il faut un certain nombre de conditions pour leur création :

  • Température de la mer supérieure à 26°C sur une couche d’eau de plusieurs dizaines de mètres
  • Les vents doivent être homogènes en force et en direction de la surface jusqu’au sommet de l’atmosphère (pas de cisaillement)
  • Les vents doivent converger en surface et diverger en altitude pour entretenir l’effet d’ascendance dans la cheminée (cœur de la dépression)
  • Il faut être suffisamment éloigné de l’équateur pour que la force de Coriolis puisse déclencher un mouvement tourbillonnaire

 

Les tempêtes tropicales se forment à des périodes différentes de l’année suivant les secteurs mais possèdent les mêmes caractéristiques météorologiques. Toute navigation au grand large dans une zone concernée par une tempête tropicale ou un cyclone est à proscrire. Le mieux dans le cas d’une croisière est d’éviter les zones à risques en fonction des saisons et d’attendre les périodes de creux d’activité pour prendre la mer.

 

Carte mondiale de formation des cyclones

Carte mondiale de formation des cyclones – Lagons Plages

 

Cartes et bulletins météo

Les cartes et les bulletins météo sont des outils essentiels pour tout marin qui prend la mer. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit d’un périple de plusieurs jours comme dans le cadre d’une croisière car il convient d’adapter sa route en fonction des systèmes météo que l’on va rencontrer. Même si les activités nautiques du bord de mer sont moins sujettes au besoin d’analyse des conditions synoptiques (à grande échelle), il est tout de même utile d’avoir recours à ce type d’informations pour comprendre les mécanismes atmosphériques et anticiper le temps qu’il va faire à court terme.

La carte la plus utile pour les marins est celle qui représente les isobares (lignes d’égale pression) et les fronts. Cette carte est mise à disposition quatre fois par jour par Météo France dans la section maritime. Les bulletins météo sont eux destinés à assurer la sécurité de la navigation en mer pour des zones géographiques distinctes. On retrouve les types de bulletins suivants :

  • Bulletin « bord de mer » ou « rivage » : bande côtière de 2 miles nautiques de large
  • Bulletin « côte » : bande côtière de 20 miles nautiques de large
  • Bulletin « large » : jusqu’à 200 miles des côtes
  • Bulletin « grand large » : au-delà de 200 miles

 

Carte des zones de bulletins "large" de Météo France

Carte des zones des bulletins « large » Météo France – Windsurfing44

 

Diffusion de l’information

Les moyens de diffusion de l’information météo en mer sont nombreux. Les communications par radio ont longtemps été les plus utilisées mais c’est de moins en moins le cas désormais avec l’essor des réseaux GSM et Internet. Près des côtes, il est simple d’accéder via son smartphone ou son ordinateur portable à Internet et de disposer de toutes les informations nécessaires. Cette solution conviendra à la très grande majorité des plaisanciers.

Pour les marins qui s’aventurent un peu plus loin, les communications radio restent un bon moyen de se tenir informé même s’il est aussi possible de passer par une connexion satellitaire pour accéder à Internet.

Le logiciel Navimail, conçu par Météo France, est un logiciel de visualisation de données météo-océaniques sur un fond de carte. Navimail en lui-même est gratuit mais l’accès aux fichiers est payant via un compte alimenté en points. Le logiciel met à disposition :

  • Les bulletins de sécurité (gratuit)
  • Les images satellite (gratuit)
  • Les données numériques au format GRIB (payant sauf celles des courants océaniques qui sont gratuites)

Navimail peut fonctionner en mode « connecté » ou « déconnecté » et fournit des données pour l’ensemble des zones de navigation du globe.

 

Interface de Navimail

Interface de Navimail – Voiles et voiliers

 

Critique du livre

Le livre « Petit manuel de météo marine » parcourt l’ensemble des phénomènes météo que l’on trouve en mer tout en prenant le soin d’expliquer les grands concepts de météorologie générale.

Cet ouvrage n’a pas la prétention d’être très poussé et technique et se contente de rester dans les généralités. C’est à mon sens un bon ouvrage pour s’initier à la météo marine qui vous donnera à coup sûr envie de creuser le sujet plus en profondeur. Je pense par contre que ceux qui souhaitent aborder des concepts précis et techniques risquent d’être un peu déçus par ce livre.

J’ai apprécié le format ludique de l’ouvrage qui propose à chaque fin de chapitre des petits exercices de pratique qui permettent de valider les acquis et de tester notre esprit d’analyse. C’est suffisamment rare dans les livres de ce type donc il me fallait le souligner. Tout comme l’effort de vulgarisation qui est important et qui facilite la compréhension du lecteur.

Tout n’est pas pour autant positif dans ce livre. Premièrement, j’ai trouvé que la structure n’était pas forcément la plus logique qui soit notamment concernant les enchaînements de parties. Par exemple, la partie sur la météorologie tropicale arrive un peu comme un cheveu sur la soupe en plein milieu du livre alors qu’elle aurait eu sa place plutôt en fin d’ouvrage. Ceci est toutefois compensé par la facilité de lecture qui rend l’ensemble plus fluide.

Autre chose qui m’a fait tiquer : c’est la promotion quasi systématique et exclusive des produits et services de Météo France. Alors, certes ils sont très bons mais ils sont loin d’être les seuls. Il existe en effet énormément d’alternatives dont certaines sont gratuites et de très grande qualité (zyGrib, Weather4D). On ne peut cependant pas le reprocher aux auteurs étant donné qu’ils évoluent chez Météo France. Chacun a le droit de prêcher pour sa paroisse. Le problème ici est que cela ne donne au lecteur qu’une vision partielle des services existants. C’est un peu dommage je trouve.

Ceci étant dit, je recommande tout de même ce livre qui est une très bonne initiation aux concepts et problématiques de la météorologie marine. Nul doute qu’il ravira les débutants et sans doute même une partie des avertis 😉

 

Points forts :

  • Livre qui aborde une grande partie des phénomènes météorologiques présents en mer
  • De nombreuses illustrations et schémas explicatifs
  • Les exercices à chaque fin de chapitre sont utiles pour s’assurer que l’on a tout bien compris
  • Effort de vulgarisation évident de la part des auteurs

Points faibles :

  • Transitions entre chapitres parfois surprenantes
  • Trop de promotion des produits de Météo France au détriment du reste

 

Ma note :

Lire plus de commentaires sur « Petit manuel de météo marine » sur Amazon.

Partager :Share on Facebook72Share on Google+0Email this to someone
Recherches utilisées pour trouver cet article : carte meteo mer lecture,apprendre a la meteo marine,apprendre la meteo marine,comment lire la meteo marine,comment lire meteo marine,conment prendre la meteo en mer,les termes de météo marine,lire bulletin meteo,weather4d naffiche pas les isobares

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *