Comment apprendre à lire une carte de pression atmosphérique, le guide qui vous dit tout !

Carte Pression Atmospherique

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Quand on débute avec l’analyse des cartes météorologiques on se retrouve très rapidement nez-à-nez avec une carte de pression atmosphérique. C’est un grand classique en météorologie. La preuve, on la retrouve même dans certains journaux ou aux bulletins TV.

Cette carte, anodine au premier regard, est en réalité bien plus déroutante qu’elle n’en a l’air car elle fait apparaître beaucoup d’informations sur ces quelques cm² de papier ou ces quelques pixels à l’écran. Vous comme moi savez que la surcharge d’informations n’aide pas à la bonne compréhension.

Je me souviens encore de mes premières analyses de cartes de pression à l’époque où j’étais encore un tout jeune passionné de météorologie.

Je ne faisais pas le fier.

J’étais en fait perplexe face à ces symboles qui me rappelaient les hiéroglyphes égyptiens sur fond de planisphère.

J’étais perdu, livré à moi-même. Avec aucune ressource ou presque pour me venir en aide.

Même si les cartes de pression atmosphérique sont très répandues, elles ne sont pas pour autant simples à comprendre. Peut-être vous donnent-elles du fil à retordre ?

J’aimerais vous éviter cela.

J’ai pour mission de faire en sorte que ces cartes n’aient plus aucun secret pour vous à la fin de cet article. J’aimerais que vous soyez pleinement autonome avec.

A la fin de cet article vous aurez les bases théoriques et une méthode d’apprentissage pour analyser ces cartes en un éclair. Cela demande de la pratique mais vous aurez la marche à suivre avec des actions à mettre en place sans plus tarder.

 

La carte de pression atmosphérique : A quoi ça sert ?

La carte de pression atmosphérique constitue un bon point d’entrée pour s’exercer à la prévision météorologique mais ne suffit pas pour autant à prévoir le temps de manière précise. Lire ce genre de cartes permet seulement de cerner la tendance à l’échelle synoptique.

Cependant les habitués peuvent à force de pratique estimer en quelques instants le temps qu’il fera au sol. Pour la simple et bonne raison qu’ils possèdent quelque chose que n’ont pas les débutants : l’expérience.

Cela demande de la pratique et un peu de patience mais il est possible d’y parvenir.

Les cartes de pression atmosphérique sont destinées avant tout aux prévisionnistes mais elles sont également utilisées par d’autres profils comme notamment :

 

Navigation Voilier

Les cartes de pression sont très utilisées par les navigateurs pour le routage

 

Concrètement une carte de pression atmosphérique permet de localiser géographiquement les centres d’actions (anticyclones et dépressions) ainsi que les fronts qui sont la conséquence de conflits de masses d’air ayant des caractéristiques physiques différentes.

Comme son nom l’indique (et cela ne vous aura sans doute pas échappé) cette carte retranscrit également la pression atmosphérique grâce à un système de lignes reliant des points d’égale pression appelées « isobares ».

Nous verrons un peu plus loin dans cet article leur fonctionnement.

 

Un méli-mélo terminologique

J’ai une petite devinette pour vous !

Quelle est la différence entre ces 4 termes suivants :

  • Carte de pression atmosphérique
  • Carte isobarique
  • Carte de surface
  • Carte des fronts

 

Une petite idée ? Allez je vous donne la réponse…

 

*** Roulements de tambour ***

 

La réponse est : AUCUNE.

Ces 4 termes désignent en fait le même type de cartes à quelques détails près dont il n’est pas nécessaire de parler ici. Globalement ce qu’il vous faut retenir, c’est que vous trouverez sur le net différentes appellations qui désignent en réalité la même carte.

D’ailleurs dans la suite de l’article, je jonglerai d’un terme à l’autre (pas forcément de manière volontaire) donc ne soyez pas étonné. Cela permettra de vous familiariser petit à petit à ces différentes dénominations.

 

Où trouver des cartes de fronts ?

Le web regorge de cartes météorologiques mais encore faut-il savoir où les chercher. Une petite recherche via votre moteur de recherche préféré vous donnera accès à quelques ressources rapidement. Mais pas forcément les meilleures.

Pour vous faire gagner du temps, voici les cartes que j’affectionne le plus :

1 – UK Met Office

Les cartes de frontologie proposées par le UK Met Office via le modèle de prévision Bracknell permettent une analyse très simple de la situation des centres d’actions et des fronts associés. Ces cartes existent en version noir et blanc et en couleurs.

 

Carte Pression Met Office

 

2 – Météo France

Le centre national météorologique français met à disposition sur son site Internet une carte des fronts pour l’Atlantique Nord. Tout comme le UK Met Office, il est possible de lancer une animation des cartes mais uniquement sur des cartes d’échéances passées.

Les cartes ont un rendu un peu vieillot mais elles ont l’avantage de présenter toutes les informations essentielles pour une bonne analyse de la situation.

 

Carte Pression Meteo France

 

3 – Météo Consult

Les cartes isobariques de chez Météo Consult sont plutôt orientées vers la prévision dans la mesure où il est possible de consulter la situation synoptique jusqu’à J+10. Pour ce qui est de l’observation, seule la carte du jour est disponible.

 

Carte Pression Atmosphérique Météo Consult

 

4 – Météociel

La carte de fronts Météociel est centrée sur l’Europe occidentale contrairement à celles des autres sites ce qui restreint quelque peu le champ de vision. Mais elle n’en est pas moins intéressante pour autant car elle fait apparaître clairement les lignes de grains (en noir) contrairement aux autres cartes. Les échéances proposées vont de J-1 à J+1.

 

Carte Pression Atmosphérique Météociel

 

5 – Wetter.net

Le site Wetter.net propose une carte isobarique claire et agréable à lire localisant les centres d’action et les fronts associés aux conflits de masses d’air. Trois informations sont également en supplément par rapport aux autres cartes :

  • Le nom des centres d’action
  • La température au sol
  • Le sens d’écoulement de l’air entre ces centres d’action

 

Carte Pression Wetter

 

Les 6 notions à maîtriser pour analyser une carte isobarique en un éclair

Avant de s’attaquer au cœur du sujet, à savoir la lecture d’une carte de pression (vous suivez ?), j’ai quelque chose d’important à vous dire.

Il y a un certain nombre de notions météorologiques qu’il convient de connaître avant de se lancer tête baissée dans la lecture de ces cartes. L’acquisition de ces concepts est une étape essentielle pour la réussite de ce challenge.

Ces concepts, il y en a 6 à connaître à mon sens. Pas plus, pas moins.

Avant de poursuivre, permettez-moi d’être direct.

Si vous ne maîtrisez pas parfaitement ces concepts, vous n’y arrivez pas. Si vous ne prenez pas le temps de bien comprendre et d’assimiler ces 6 notions, vous allez vous arracher les cheveux à la première lecture de carte.

Pour éviter de vous prendre les pieds dans le tapis, voyons ensemble de quoi il en retourne :

 

1 – Centre d’action

Les centres d’action font partie des éléments les plus importants d’une carte de pression atmosphérique pour la simple et bonne raison que c’est leur positionnement qui conditionne le temps qu’il fait.

Quand on parle de centre d’action, on fait référence :

  • Aux anticyclones
  • Aux dépressions

Ces centres d’actions agissent sur une grande étendue et se déplacent en fonction de la circulation atmosphérique bien qu’on les retrouve souvent dans les mêmes zones géographiques la plupart du temps.

Vous connaissez certainement l’anticyclone des Açores qui tire son nom de cet archipel de l’Atlantique nord. Même si cet anticyclone peut se déplacer de plusieurs milliers de kilomètres, sa localisation la plus courante est celle des Açores.

Les centres d’action sont matérialisés sur les cartes isobariques par une lettre. Celles-ci sont inclues dans une bulle formée par un isobare car elles se positionnent sur un point de plus basse (dépression) ou de plus haute pression (anticyclone). Les lettres sont donc placées au centre des anticyclones et des dépressions.

Étant donné qu’une image vaut mieux qu’un long discours, voici un schéma pour illustrer ces deux cas de figure.

 

Centre Action Météo

Anticyclone (à gauche) et dépression (à droite) – Culture Maritime

 

La lettre « A » désigne fort logiquement l’anticyclone et la lettre « D » la dépression. Mais ce n’est pas toujours le cas selon le pays d’origine de l’organisme qui édite les cartes. Les anglais ont leur propre nommage. Les allemands ont le leur aussi .

Sur les cartes en couleurs les centres d’action apparaissent dans des couleurs distinctes. Si les anticyclones sont généralement présentés en bleu et les dépressions en rouge, il n’y a pas de règle immuable à ce sujet. Chacun fait un peu à sa sauce.

 

Voici un tableau de correspondances pour vous aider à mieux vous y retrouver :

AnticycloneDépression
LettreA (en français), H (High en anglais et Hoch en allemand)D (en français), L (Low en anglais), T (Tief en allemand)
CouleurBleue ou noireRouge ou noire

 

Pour être complet sur ce point, on parle de conditions anticycloniques quand la pression atmosphérique est supérieure à 1013 hPa et de conditions dépressionnaires lorsque la pression est en deçà de ce seuil.

Cette limite de 1013 hPa correspond à la limite entre les hautes pressions et les basses pressions. Sur certaines cartes la limite est associée à l’isobare 1015 hPa qui est alors plus épais que les autres.

 

2 – Isobare

Les isobares correspondent aux lignes reliant des points d’égale pression.

La pression atmosphérique diminuant avec l’altitude, il est nécessaire d’intégrer la notion de « pression ramenée au niveau de la mer » pour uniformiser le champ de pression atmosphérique.

Si la pression atmosphérique au niveau de la mer est de 1000 hPa, le fait de s’élever à une altitude de 2000 mètres va faire chuter la pression aux alentours de 800 hPa. Quand vous êtes en montagne, la pression est plus faible que celle si vous étiez en bord de mer.

Vous comprendrez alors facilement qu’il est préférable d’opter pour une base commune sinon cela reviendrait à comparer des choux avec des carottes. Cela peut paraître amusant dit comme ça mais cela ne sert pas à grand chose.

Retenez donc bien que quand on parle de pression atmosphérique, il s’agit toujours de la pression ramenée au niveau de la mer.

Sur une carte de pression atmosphérique, les isobares sont tracés dans la plupart des cas tous les 5 hPa. On retrouve parfois un écart de 4 hPa sur certaines cartes (notamment les cartes anglo-saxonnes) voire 10 hPa pour des cartes moins précises.

 

Carte Isobarique

Carte isobarique avec un pas de 10 hPa – Astrosurf

 

Vous pourrez constater sur n’importe quelle carte de pression que les isobares sont plus ou moins proches les uns des autres. Ce tracé permet de faire ressortir ce qu’on appelle le gradient de pression.

Nous aborderons ce concept un peu plus bas :)

 

3 – Loi de Buy-Ballot

Cette loi est la conséquence directe de la force de Coriolis qui s’applique aux déplacements de l’air dans l’atmosphère.

Si vous vous placez face au vent, vous pouvez très simplement déterminer le positionnement des centres d’actions par rapport à vous. L’anticyclone se situera alors sur votre gauche et la dépression sur votre droite.

 

Loi de Buys-Ballot

Loi de Buys-Ballot – Windsurf Style

 

Remarque importante : Dans l’hémisphère sud il faut inverser le raisonnement.

Cette loi a joué un rôle important dans la navigation marine avant l’arrivée des technologies car c’était le seul moyen de prédire l’évolution du temps avec l’observation des nuages. La loi de Buys-Ballot permettait aux navigateurs d’éviter les tempêtes et les cyclones.

 

4 – Vent géostrophique

Plusieurs forces physiques s’appliquent sur une parcelle d’air de l’atmosphère l’obligeant ainsi à se déplacer. Les deux principales sont la force de Coriolis et le gradient de pression (voir la notion suivante) qui ont tendance à s’équilibrer en altitude. La résultante de ces deux forces correspond au vent géostrophique.

Le vent géostrophique est donc une approximation couramment utilisée en météorologie qui permet de dire que le vent se déplace parallèlement aux isobares.

Mais attention, cette approximation n’est plus tout à fait vraie dans les basses couches (près du sol) à cause de la friction provoquée avec la surface terrestre.

 

Vent Géostrophique

Vent géostrophique dans l’hémisphère nord – ECCC

 

Vous avez là un moyen très simple pour déterminer la direction du vent à partir d’une simple carte de pression atmosphérique sans avoir recours à d’autres informations comme les barbules ou les fanions.

C’est très pratique ! :)

 

5 – Gradient de pression

En météorologie, le gradient de pression correspond à la différence de pression atmosphérique entre deux points. Cet écart de pression pour une distance donnée conditionne la vitesse de l’écoulement de l’air, autrement dit la vitesse du vent.

Un fort gradient de pression se traduit sur une carte de surface par des isobares très resserrés. A l’inverse, des isobares éloignés correspondent à un faible gradient de pression.

La vitesse du vent évolue proportionnellement au gradient de pression : plus ce dernier augmente plus la vitesse du vent est importante.

C’est pour cette raison que les dépressions très creuses (avec une pression basse en leur cœur) associées à un fort gradient de pression produisent des tempêtes violentes.

 

Gradient De Pression

Gradient de pression dans l’hémisphère nord – ECCC

 

L’écartement des isobares sur une carte vous permettra d’estimer la vitesse du vent synoptique. Nous verrons un peu plus loin comment procéder de la sorte.

Cette méthode ne fonctionne pas en revanche pour les vents locaux comme les brises où la topographie des lieux et les différences de température prennent le pas sur l’influence du gradient de pression.

 

6 – Fronts

Les fronts en météorologie correspondent à la séparation entre deux masses d’air aux caractéristiques physiques différentes (température, humidité, pression). Aux latitudes tempérées les fronts sont les zones de contact entre l’air polaire au nord et l’air tropical au sud.

La théorie norvégienne du début du XX ème siècle a permis d’expliquer le comportement de l’atmosphère à ces latitudes en identifiant les causes principales de la formation des nuages, des anticyclones et des dépressions.

Si les causes mises en évidence à l’époque ont été reclassées depuis en conséquences par les théories modernes, le modèle norvégien est encore très répandu du fait de sa simplicité de compréhension.

La circulation de l’air le long de ces fronts nous oblige à distinguer différents types de fronts :

  • Front chaud : masse d’air chaude à l’avant d’une dépression qui se déplace vers une masse d’air plus froide
  • Front froid : masse d’air froide à l’arrière d’une dépression qui se déplace vers une masse d’air plus chaude
  • Front occlus (ou occlusion) : front froid rattrapant le front chaud. Ce dernier est alors comprimé entre deux masses froides et est donc repoussé en altitude
  • Trowal : langue d’air chaud rejetée en altitude à cause du front occlus
  • Front stationnaire : séparation entre une masse d’air chaude et une masse d’air froide en contact ne produisant pas de mouvements relatifs à cause du parallélisme des vents entre ces deux masses d’air (ex : fronts océaniques)
  • Ligne d’instabilité / de cisaillement : front de plus petite échelle (méso-échelle) correspondant à la limite entre l’air froid sortant d’un système convectif (orage) et l’air chaud environnant

Ces fronts sont pour la plupart représentés sur les cartes isobariques mais ce n’est pas toujours le cas. On retrouve à minima les 3 premiers (front chaud, front froid et front occlus).

Pour ce qui est des lignes d’instabilité, celles-ci n’apparaissent généralement pas sur les cartes de fronts (hormis celles de Météociel).

Les différents fronts que l’on retrouve en météorologie sont synthétisés dans le tableau suivant.

 

Front Météorologie

Classification frontologique – Environnement Canada

 

Cette classification complète est pratique pour identifier les types de fronts représentés sur les cartes isobariques en noir et blanc ou en couleurs.

Vous constaterez qu’il y a quelques variantes aux fronts que je vous ai présentés. Certaines cartes proposent en effet une sous-catégorisation des fronts pour donner plus de détails sur leur constitution.

Ne vous y attardez pas trop dans un premier temps car cela risquerait de vous faire beaucoup d’informations à intégrer d’un seul coup.

 

L’analogie qui tue : Le parallèle avec la montagne

Si vous êtes parvenu à lire l’article jusqu’ici, c’est que les notions théoriques que nous venons d’aborder ne vous ont pas (trop) rebutées. J’ai conscience que ce n’est pas une partie forcément très drôle et passionnante mais c’est un point de passage obligatoire.

Rassurez-vous, je vais m’arrêter là avec les grands principes, les grandes théories et les notions quelque peu scolaires qui y sont liées. C’est amplement suffisant pour dérouler la suite avec succès :)

La partie la plus délicate pour les débutants qui souhaitent s’exercer à la lecture des cartes de pression atmosphérique concerne la difficulté à se représenter physiquement les centres d’actions. Au-delà du simple fait que des zones de hautes et basses pressions évoluent dans l’atmosphère, il est difficile de représenter les choses de manière plus concrète.

Bien que ce soient des éléments avec des dimensions physiques parfaitement mesurables,  il faut reconnaître que les anticyclones et les dépressions ont un aspect qui n’est pas forcément très tangible.

Il n’est pas évident d’identifier ces centres d’actions avec les cinq sens dont nous disposons sans avoir recours à des outils.

Heureusement les cartes isobariques sont là pour nous faciliter la tâche. Grandement même.

Mais il y a tout de même quelque chose qui peut en perturber plus d’un.

Comment passer d’une représentation en deux dimensions sous la forme de cartes en une représentation spatiale ? Cette gymnastique de l’esprit n’est pas forcément simple à mettre en place d’autant plus quand il s’agit de concepts qu’on ne peut percevoir à l’œil nu.

Ce qu’il vous manque c’est le déclic qui va vous faire dire « Ça y est j’ai compris. C’est simple en fait ! ».

 

Tirer Cheveux

S’arracher les cheveux : une situation à éviter ! – Bram Cymet

 

L’être humain aime raisonner avec des analogies car cela lui permet de comprendre des choses complexes en les comparant à des choses plus simples qu’il maîtrise parfaitement.

Faisons un petit exercice ensemble.

Prenez une carte isobarique et regardez là attentivement.

C’est bon ? Très bien, passons à la suite.

Imaginez maintenant que cette carte est en fait une carte topographique. Vous savez, les cartes représentant le relief d’une zone géographique. Ces cartes sont très utilisées en montagne notamment par les randonneurs pour connaître le dénivelé de leur parcours. Sur ces cartes on retrouve les courbes de niveau (ou isohypses, notion que l’on retrouve aussi en météorologie) qui passent par les points de même altitude.

Et bien ces courbes de niveau sont le pendant de nos isobares. Et la comparaison ne s’arrête là vous allez voir.

Sur les cartes topographiques sont représentés les sommets, les vallées, les crêtes, les cols, etc. Pour chacun de ces éléments, il existe son équivalent sur la carte isobarique. Les anticyclones peuvent être visualisés comme le sommet d’une montagne tandis que les dépressions peuvent être assimilées aux vallées.

 

Analogie Météo Montagne

Analogie entre la météo et la montagne – S.Barge

 

Si vous faites couler de l’eau ou n’importe quel autre fluide depuis le sommet de la montagne, celui-ci va dévaler la pente jusque dans la vallée. L’air présent dans l’atmosphère se comporte de la même manière car c’est aussi un fluide régi par les mêmes lois physiques. C’est pourquoi dans l’atmosphère l’air s’écoule depuis les zones de hautes pressions vers les zones de basses pressions.

Contrairement à l’eau qui ruisselle à flanc de montagne et qui n’est concernée que par la force gravitationnelle, l’air lui est soumis à d’autres forces (gradient de pression, force de Coriolis) ce qui l’empêche de se déplacer en ligne droite. La circulation de l’air est donc un peu différente mais cela vous permet de saisir le principe 😉

Afin d’être complet concernant l’analogie avec la montagne, voici un tableau de correspondances entre les notions météorologiques et topographiques :

 

Carte isobariqueCarte topographique
AnticycloneSommet
DépressionVallée
DorsaleCrête
Goutte froide / TalwegCreux
Marais barométriquePlateau

 

En toute logique, cela doit maintenant être plus clair dans votre esprit. Du moins je l’espère.

Je trouve personnellement que cette comparaison faite avec la montagne est vraiment puissante car elle permet de saisir rapidement les tenants et aboutissants de la circulation de l’air entre les centres d’actions. Qui plus est sans se farcir toute la théorie à ce sujet.

Qu’il est bon de parfois accepter prendre des raccourcis.

 

Un plan d’action concret pour vous exercer … et progresser !

Pour apprendre à maîtriser les cartes isobariques, il faut en lire un certain nombre.

Tout comme un débutant dans une discipline sportive qui répète les mêmes gestes inlassablement lors de son apprentissage, il vous faudra accumuler les lectures au fil du temps. De manière régulière pour que vous puissiez juger de votre progression.

Mais rien ne sert de forcer plus que raison.

L’intérêt n’est pas de vous faire « bouffer » de la carte isobarique car vous friseriez alors l’indigestion. Il vaut mieux les déguster l’une après l’autre avec délectation.

C’est comme lors d’un bon repas dans un restaurant gastronomique. Vous n’allez pas l’apprécier de la même manière que si vous aviez commandé un Mac Do.

Il vous faut donc trouver le juste milieu : Pratiquer suffisamment pour vous améliorer et le constater par vous même, sans pour autant vous dégoûter des cartes au point d’en faire des cauchemars la nuit.

Je vous conseille donc d’y aller petit à petit car c’est la façon la plus intelligente pour apprendre. L’important est d’y aller par étape et de ne passer à l’étape suivante que lorsque vous vous sentez parfaitement à l’aise.

Le bachotage et le bourrage de crâne ne fonctionneront pas.

 

Etudier Météo

Une pratique régulière est la clé du succès – Steven S.

 

Voici un exemple de plan par étapes que vous pouvez appliquer en partant d’une carte de pression atmosphérique :

  1. Reconnaître les principaux centres d’actions (anticyclones et dépressions)
  2. Identifier les différents types de fronts
  3. Déterminer la direction du vent à partir des isobares
  4. Estimer la force du vent grâce au gradient de pression
  5. Comparer vos prévisions avec une carte de vent (à barbules et fanions)

Vous avez donc là une idée de plan concret à appliquer pour progresser dans la lecture des cartes de pression atmosphérique. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec cette méthode, vous pouvez bien entendu l’adapter en fonction de vos envies.

Après tout, cet apprentissage vous le faites pour vous donc autant faire en sorte qu’il corresponde avec votre manière d’apprendre :)

 

Un exercice rapide pour estimer la vitesse du vent

Au moment d’aborder la notion de gradient de pression, je vous ai indiqué que l’on pouvait mesurer la vitesse du vent à partir de l’écartement entre les isobares. Sur le moment je suis resté assez vague mais voici venu le moment de vous faire une petite démonstration.

Pour ce faire nous allons nous servir des cartes isobariques mises à disposition par le UK Met Office. Ces cartes ont pour avantage de proposer un abaque permettant d’estimer la vitesse du vent en fonction de deux paramètres :

  • L’écartement entre 2 isobares
  • Le degré de latitude de la zone concernée

L’abaque en question est présenté dans le coin supérieur gauche de la carte isobarique.

 

Carte Isobarique Bracknell

La carte isobarique avec son abaque – UK Met Office

 

Voici la méthode pour déterminer la vitesse du vent à l’aide de l’abaque :

  1. Choisir une zone pour laquelle vous souhaitez estimer le vent
  2. Relever le degré de latitude de la zone concernée (il est indiqué sur le parallèle)
  3. Tracer un segment perpendiculaire à 2 isobares dont les extrémités coïncident avec ces mêmes isobares
  4. Reporter ce segment dans l’abaque au niveau du bon degré de latitude
  5. Lire sur l’extrémité droite du segment la valeur du vent en suivant la courbe de l’abaque

 

Petite précision qui a son importance : Le résultat est exprimé en nœuds (knots) et non en km/h. Pour convertir cette valeur en km/h, vous pouvez utiliser un convertisseur en ligne comme celui-ci.

Prenons maintenant un exemple concret pour que ça vous paraisse plus clair.

 

Carte Isobarique Bracknell Abaque

Détermination de la vitesse du vent à partir de l’abaque – UK Met Office

 

La zone géographique retenue (entourée en bleu) se situe à quelques centaines de kilomètres à l’est de la pointe du Groenland, au niveau du 60e parallèle Nord.

On trace ensuite un segment entre les isobares 1000 hPa et 1004 hPa que l’on reporte dans l’abaque sur la ligne « 60N ». L’extrémité droite du segment coïncide avec la courbe des 40 nœuds ce qui indique que le vent souffle à cette vitesse dans la zone étudiée.

Pour connaître la longueur du segment entre les deux isobares, vous pouvez utiliser un éditeur graphique comme Paint.NET par exemple qui fournit une fonctionnalité de mesure (en pixels ou en cm). Cela vous servira lorsque vous devrez reporter cette longueur dans l’abaque. Si vous faites votre étude sur papier, une simple règle fera l’affaire.

 

Conclusion

Retenir les principales notions associées aux cartes de pression atmosphérique est un exercice simple en soi. Par contre ce qui est beaucoup plus long et complexe est d’apprendre à déterminer le temps ressenti à partir de cette simple carte. Le tout en quelques secondes.

Cela demande du temps pour acquérir cette expérience. Mais rien de sorcier rassurez-vous ! :)

Pour être à l’aise avec une notion ou un concept, il faut sans cesse s’entraîner. Cela est vrai dans beaucoup de domaines et la météo ne déroge pas à cette règle.

Si vous souhaitez vous entraîner à lire les cartes de pression atmosphérique, je ne peux que vous encourager à vous y mettre dès maintenant. Plus vous commencerez tôt, plus vous deviendrez à l’aise avec rapidement.

Le plan d’action est là pour vous permettre de mettre simplement le pied à l’étrier en commençant par les bases. Chaque étape validée est un succès qui vous rapproche de votre objectif final.

Mais pour arriver à vos fins, il vous faudra vous mettre à l’action.

Comme on dit, c’est en forgeant que l’on devient forgeron 😉

Si cet article sur les cartes isobariques vous a plu et que vous souhaitez aller plus loin, vous êtes libre de rejoindre la communauté Facebook dédiée à la compréhension de la météorologie et de ses principes. Ce lieu d’échanges et d’entraide a pour but premier de démystifier la météo pour la rendre plus accessible :)

 

Crédit photo « A La Une » : Adrian Oliver (Flickr)

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10 commentaires

  • Bonjour Pierre, merci beaucoup pour ce superbe article sur un sujet très intéressant !
    Jusqu’à aujourd’hui je n’arrivais qu’à déterminer les anticyclones et les dépressions et toujours je me mélangeais les « crayons » entre les différents fronts et ne parlons d’une possible interprétation d’une réalité sur le terrain !!
    Donc me voilà affubler d’une bonne base et d’un bon plan d’entrainement !:-)
    De surcroît ton article est très abordable et c’est là un très bon point pour les amateurs comme moi.
    Bonne continuation.
    Gérard

    • Bonjour Gérard,
      Merci pour ton retour concernant l’article :)

      Pour chacun des articles que j’écris, j’ai à cœur d’aider un maximum de personnes dans la compréhension des principes météorologiques… tout en faisant en sorte que cela reste accessible pour les débutants !

      Bonne continuation à toi aussi et bon courage pour l’entrainement 😉

      Pierre

  • Une question : ou trouver des abaques plus large (ex sur le 20° parallèle nord) pour déterminer la vitesse du vent ?

    • Effectivement, Bracknell ne donne l’abaque que pour les degrés allant de 40 à 70N.

      Voici un lien qui donne plus de détails sur la façon de calculer le vent géostrophique. C’est un peu technique avec des formules mathématiques mais cela donne un idée précise de comment cela fonctionne.

      Lien : http://www.astrosurf.com/luxorion/meteo-vent.htm

      Il y a un abaque qui correspond à l’échelle géostrophique (entre 30 et 70 degrés). Grâce à la formule et à Excel, il est possible de retracer une échelle allant de 0 à 90 degrés.

  • Pingback: La Dépression Se Creuse ? | Peuple Nomade

  • Bonjour voilà un bel exemple de clarté dans tes explications, je me suis attaquée à lire meteo et stratégie de Jean Yves Bernot pour essayer d’aller plus loin mais c’est très ferme tant le langage est précis on perd vite pied et je retourne à mes bases que vous avez si bien expliqué. Il faut avoir l’habitude du langage et le lexique sous la main mais je m’accroche. …MERCI

  • Magnifique article ! Pour moi qui n’y comprenait rien de rien, c’est bien plus clair maintenant, bien que pas encore tout à fait exploitable. Mais je m’accroche. Un grand MERCI.

  • SALUT, MERCI SUR CETTE EXPLICATION INTEGRALE ET PRECIE , LA SEULE CHAUSE QUE JE N,AI PAS COMPRIE EST LA 60N QUELLE EST SA SIGNIFICATION ??

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